· Magazine

Rapport d’Impact 2026 d’AfricTivistes CitizenLab Cameroun

80 % des jeunes interrogés souhaitent recevoir davantage d’informations sur leurs droits et leur sécurité numériques. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête menée en février 2026 auprès de plus de 150 jeunes au Cameroun par AfricTivistes CitizenLab Cameroun.

À l’heure où Internet occupe une place croissante dans la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne, cette enquête met en évidence une réalité préoccupante : une partie importante de la jeunesse camerounaise reste exposée aux risques liés à l’utilisation du numérique, tout en exprimant une forte volonté de mieux comprendre ses droits et d’adopter des comportements plus responsables.

Une culture numérique encore insuffisante

Les résultats de l’enquête dressent un constat préoccupant sur le niveau de connaissance et de sécurité numériques des jeunes interrogés.

65 % déclarent ne pas connaître leurs droits numériques, tandis que 72 % partagent leurs données personnelles sans vérifier au préalable la sécurité des services utilisés. Ces chiffres illustrent une vulnérabilité face à plusieurs risques, notamment les cyberattaques, le harcèlement en ligne et la censure des contenus.

Au-delà de ces chiffres, la majorité des répondants estime que leurs données personnelles ne sont pas suffisamment protégées. Ils souhaitent également bénéficier d’un accès à Internet plus fluide, sécurisé et moins coûteux.

Cette situation souligne l’importance de renforcer l’éducation et la sensibilisation aux droits numériques, particulièrement auprès des jeunes qui constituent une part importante des utilisateurs des plateformes numériques.

Une demande claire : mieux comprendre pour mieux se protéger

L’un des résultats les plus significatifs de l’enquête est la demande exprimée par les jeunes eux-mêmes.

80 % des personnes interrogées souhaitent recevoir davantage d’informations sur les droits et la sécurité numériques.

Ce résultat montre que la jeunesse camerounaise n’est pas seulement exposée aux risques : elle est également disposée à agir et à renforcer ses connaissances.

L’enjeu est donc de transformer cette demande d’information en véritables capacités d’action : savoir protéger ses données personnelles, identifier les comportements à risque, comprendre ses droits en ligne et adopter des pratiques numériques plus responsables.

« Citoyens du Numérique » : passer du constat à l’action

Face aux résultats de l’enquête, AfricTivistes CitizenLab Cameroun a déployé la campagne de sensibilisation « Citoyens du Numérique », avec pour objectif de promouvoir une utilisation responsable des données et de renforcer la confiance numérique.

La campagne s’est déroulée sur 5 jours et s’est appuyée sur quatre plateformes : Facebook, Instagram, LinkedIn et X (Twitter).

Au total, 5 messages visuels ont été diffusés autour du hashtag #MonNumériqueResponsable, permettant de toucher plus de 1 000 personnes et de contribuer à une prise de conscience accrue ainsi qu’à l’adoption de comportements responsables.

Parmi les messages portés par la campagne figure notamment un rappel essentiel : le cyberharcèlement est une réalité et la sécurité en ligne commence par les comportements de chaque utilisateur.

Pour une gouvernance numérique plus inclusive

Les résultats de l’enquête et les enseignements de la campagne mettent en évidence une double réalité : la jeunesse camerounaise est fortement exposée aux risques numériques, mais elle est également motivée à mieux se protéger et à défendre ses droits.

Pour répondre à cette situation, le rapport formule plusieurs recommandations.

1. Multiplier les ateliers pratiques

Des sessions de formation sur la sécurité numérique devraient être organisées afin de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement applicables dans leur quotidien.

2. Renforcer la sensibilisation à l’échelle nationale

Des campagnes de sensibilisation de plus grande ampleur sont nécessaires pour toucher un public plus large et maintenir les questions de droits numériques au cœur du débat public.

3. Produire des supports pédagogiques accessibles

Des guides simples, pratiques et compréhensibles par tous peuvent contribuer à rendre l’information sur les droits numériques plus accessible.

4. Renforcer le plaidoyer institutionnel

La protection des données, l’adoption de règles claires et la promotion d’un accès équitable au numérique doivent continuer à faire l’objet d’un dialogue avec les institutions.

5. Encourager l’engagement des plateformes

Les plateformes numériques sont également appelées à renforcer leurs mécanismes de confidentialité et de transparence afin de mieux protéger leurs utilisateurs.

La protection des droits numériques, une responsabilité collective

L’enquête menée auprès de la jeunesse camerounaise rappelle une évidence : être connecté ne signifie pas nécessairement être protégé.

L’accès au numérique doit aller de pair avec la connaissance des droits, la maîtrise des outils et la capacité à identifier les risques. Pour les citoyens, les organisations de la société civile, les institutions et les plateformes numériques, la responsabilité est collective.

La protection des droits numériques n’est donc plus une option. Elle constitue une nécessité scientifique, sociale et citoyenne pour construire un avenir numérique plus sûr et plus équitable au Cameroun.

À travers le programme AfricTivistes CitizenLab Cameroun, la campagne « Citoyens du Numérique » entend contribuer à cette dynamique en plaçant la sensibilisation, la responsabilité et la défense des droits numériques au cœur de l’engagement citoyen.

#MonNumériqueResponsable

Retour a l'actualité