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LA CORRUPTION EST-ELLE SEULEMENT UNE QUESTION DE MORALE ?

Non, la corruption n’est pas seulement une question de morale. C’est ce que beaucoup pensent, mais la réalité est plus complexe. On accuse ceux qui donnent des pots-de-vin, ceux qui détournent des fonds publics ou ceux qui abusent de leur pouvoir d’avoir perdu le sens de l’éthique. Cette lecture n’est pas fausse, la corruption implique bien un choix personnel : privilégier son intérêt au détriment du bien commun.

Pourtant, la réduire à une simple question de morale serait une erreur.  La corruption est aussi le reflet de problèmes économiques, sociaux, institutionnels et culturels qui dépassent les individus.  

La corruption : plus qu’une question de morale, un problème systémique.

  1. LA DIMENSION MORALE : ELLE EXISTE, MAIS ELLE NE SUFFIT PAS

Oui, la corruption commence par un choix individuel. C’est le citoyen qui donne ‘‘pour aller plus vite’’. C’est donc une question de valeurs : honnêteté, intégrité, sens du bien commun. Sans éducation civique et sans exemplarité des dirigeants, aucune loi ne tiendra. La conviction doit venir en premier.

Mais si c’était seulement moral, il suffisait de faire des campagnes de sensibilisation pour que tout s’arrête ; or c’est plus profond que ça.

  • LA DIMENSION INSTITUTIONNELLE : QUAND LE SYSTÈME POUSSE À LA FAUTE

La corruption prospère là où les institutions sont faibles.

Exemples :

  • Salaires trop bas : un policier ou un enseignant mal payé sera plus tenté
  • Procédures lentes et opaques : si pour avoir une pièce d’identité il faut 1 an, le ‘‘motivation’’ devient une norme.
  • Manque de contrôle et d’impunité : si on sait qu’on ne sera jamais attrapé ni puni, la tentation est grande.
  • Concentration du pouvoir : moins il y’a de contrôle, plus le risque est élevé.

Ici, c’est le système qui fabrique des corruptions. 

  • LA DIMENSION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE : LA CORRUPTION COMME STRATÉGIE DE SURVIE

Dans certains contextes, la corruption devient une ‘‘taxe informelle’’.

  • Le citoyen paye pour accéder à un droit de base : santé, école, justice
  • L’entrepreneur paye pour obtenir un marché
  • Le jeune paie pour avoir un emploi.

Ce n’est pas qu’une question de cupidité ; c’est parfois une question de survie face à la pauvreté, au chômage, aux inégalités.

La prospérité et l’équité réduisent donc la corruption.

  • 3 LEVIERS POUR LUTTER :
LEVIERSACTIONSACTEURS
ConvictionÉducation civique, éthique, exemplaritéÉcoles, familles, ONG, AfricTivistes CitizenLab Cameroun, médias
ContrainteLois claires, justice indépendante, sanctions réellesÉtat, institutions
ConditionsBons salaires, procédures simples, transparence, opportunitésGouvernement, secteur privé

La corruption est une question de morale et aussi une question de lois, d’institutions, d’économie et de justice sociale. Tant qu’on soignera seulement la ‘‘conscience’’ sans soigner le ‘‘système’’, la corruption reviendra toujours.

Il faut donc convaincre les esprits et réformer les règles du jeu.

Des initiatives comme le combat mené par AfricTivistes CitizenLab Cameroun prouvent qu’une autre voie est possible, en mobilisant les citoyens, en utilisant le numérique et en plaidant pour la bonne gouvernance. Nous rappelons que le changement commence par l’engagement de tous.

En conclusion, attaquer la corruption uniquement sur le terrain moral, c’est couper les feuilles sans toucher à la racine. La combattre exige donc une approche globale. Il faut soigner les consciences, mais aussi réformer les institutions, améliorer les conditions économiques, promouvoir les valeurs, appliquer la loi équitablement et restaurer la confiance.

 La lutte contre la corruption est donc à la fois éthique, politique et sociale. Pour y parvenir, il faut un engagement individuel et une volonté collective de bâtir une société plus juste.

RIMO à MBASSA Davina.

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