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Gouverner, est-ce convaincre ou contraindre ?

Depuis l’Antiquité, la question du pouvoir divise les philosophes. Platon rêvait d’un roi philosophe qui guide par la raison. Machiavel, lui, parlait d’un prince qui doit savoir user de la force.

 Aujourd’hui encore, la question reste d’actualité : pour bien gouverner, faut-il d’abord convaincre ou contraindre ?    
Au Cameroun comme ailleurs, aucun gouvernement ne peut pas se passer ni de la parole, ni de la loi. Mais l’équilibre entre les deux détermine la qualité de la gouvernance.

GOUVERNER PAR LA CONVICTION : LE POUVOIR DE LA LÉGITIMITÉ

    Convaincre, c’est obtenir l’adhésion volontaire des citoyens. C’est le fondement de la démocratie. Dans les régimes démocratiques, la persuasion est le premier moteur du pouvoir.  

    Un gouvernement qui convainc explique, dialogue, éduque et donne l’exemple. Il fait en sorte que la loi ne soit pas subie, mais comprise. Les gens obéissent mieux quand elles comprennent et adhèrent.

    Comment convaincre ? Par le discours, l’éducation, l’exemple, la loi qui fait sens, la consultation, la communication, le débat, la pédagogie.  Quand tu convaincs, tu gagnes en légitimité. Les gens respectent la règle même quand personne ne regarde.

    Comme le disait Machiavel : « Gouverner c’est faire croire ».  

    Les avantages de la conviction :

    • Stabilité durable : quand les gens croient aux institutions, ils les respectent même sans policier derrière eux.
    • Paix sociale : le débat et la consultation évitent la révolte. On obéit parce qu’on se sent concerné.
    • Développement : on ne décrète pas le civisme, la solidarité ou le travail ; on les inspire.

    Comme le disait Gandhi : « Le vrai pouvoir, c’est de faire faire aux gens ce qu’ils veulent faire eux-mêmes ».                                                                                                                                                                                                      
    Dans ce modèle, le dirigeant est d’abord un pédagogue.

    GOUVERNER PAR LA CONTRAINTE : LE POUVOIR DE LA LOI                                                               

    C’est la réalité du pouvoir.

    Contraindre, c’est imposer des règles par la force légitime de l’État. C’est la définition même de l’État, selon le sociologue Max Weber : le monopole de la violence légitime. Aucune société ne peut fonctionner uniquement sur la bonne volonté.

    Pourquoi la contrainte est nécessaire ? : parce que tout le, monde ne sera jamais d’accord. Il faut des lois, des sanctions, la police, la justice, l’impôt, sinon c’est l’anarchie.

    Comment s’exerce la contrainte ? par la sanction, la règle, la force publique.

    La nécessité de la contrainte :

    • Réguler les conflits : dans toute société, il y’a des intérêts opposés ; la loi tranche
    • Protéger les plus faibles : sans contrainte, c’est la loi du plus fort qui domine
    • Assurer l’intérêt général : payer l’impôt, respecter le code de la route, ne pas voler…tout cela doit être obligatoire.

    Une loi qui n’est jamais appliquée reste une lettre morte. La contrainte donne ses dents à la conviction.  Comme le rappelait Max Weber : « la communauté humaine qui revendique le monopole de l’usage légitime de la violence physique ».

    Sans contrainte, la loi reste une suggestion ; et certains profitent toujours des autres.

    L’ART DE GOUVERNER : L’ÉQUILIBRE ENTRE CONVICTION ET CONTRAINTE

    Un bon gouvernement a besoin des deux, mais dans un ordre précis : c’est ça un État stable.

    La conviction doit venir en premier : elle crée la légitimité.                                                                                
    La contrainte vient en second : elle sert de garde-fou pour ceux qui refusent d’adhérer.

    • Quand on ne fait que contraindre, on obtient une obéissance par peur, or la peur engendre tôt ou tard la révolte.
    • Quand on ne fait que convaincre, on a de beaux discours mais pas de d’action, le désordre s’installe.

    Exemples concrets :

    • L’école : on peut contraindre les enfants à aller à l’école, mais c’est seulement en les sensibilisant, en les convaincant de l’importance de l’éducation qu’on obtient une vraie scolarisation.
    • La salubrité : on peut contraindre par des amendes à ne pas jeter les ordures, mais c’est en convaincant sur l’importance de la propreté qu’on aura des villes propres. 

    AfricTivistes CitizenLab Cameroun joue le rôle de ‘‘pédagogue civique’’ en renforçant la conviction par l’éducation civique et numérique. Le Lab montre que l’engagement citoyen, la transparence et la participation peuvent fonctionner, donner de vrais résultats dans la société.

    En résumé, Au Cameroun comme ailleurs, la loi contraint : code de la route, impôts, interdiction de voler. Mais le développement, la paix, le vivre-ensemble … ça ne se commande pas, ça se convainc.

     Gouverner, c’est d’abord convaincre pour avoir besoin de contraindre le moins possible.    
    La conviction est le moteur, la contrainte est le frein.                                                                                            
    Convaincre + Contraindre= Autorité + Légitimité.  

    Pour toi, un bon leader doit d’abord parler au cœur des gens ou d’abord faire respecter la règle ?  

    RIMO à MBASSA Davina

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